DWQA QuestionsCatégorie: HalakhaUn traitement contenant de la cystine
Viviane demandée il y a 4 mois

Boker Tov Peut-on acheter un traitement contenant de la cystine Qui provient de l’extraction chimique à partir de kératine de plume merci

1 Réponses
Hai Gozlan personnel répondue il y a 4 mois

Bonjour,
L’industrie pharmaceutique utilise souvent des matières premières dont l’origine est problématique. Il est donc important, comme vous l’avez fait, de se renseigner avant la prise d’un médicament sur sa composition.
Dans notre réponse, nous partirons du principe que vous n’êtes pas parvenu facilement à vous procurer un médicament équivalent sans ces ingrédients problématiques. En effet, la cystine chimique avec une surveillance rabbinique sera préférable.
L’une des difficultés que l’on peut rencontrer avec votre question est de connaitre le processus de fabrication de la cystine. Sans une bonne connaissance du terrain, comment répondre à une question de Kacherout ? Nous avons donc cherché à comprendre comment cette molécule était produite, mais nous devons reconnaître humblement que les méthodes de préparations changent constamment, il faudra donc être prudent.
La consommation d’une plume d’oiseau
La cystine est obtenue par transformation chimique de la kératine, une protéine animale présente dans les plumes de volaille. Il convient de se demander si cette substance est interdite.
La consommation d’une plume ne poserait pas de problème en soi, car elle ne contient pas de gout et n’est pas considérée comme une partie de l’animal, mais plutôt comme un déchet. Il serait interdit de la consommer en entier telle quelle, car la Torah nous demande de ne pas consommer un aliment répugnant. Dans notre cas, la plume n’est pas consommée en entier, car elle suit un processus chimique de transformation (Rambam Maakhalot Assourot 4 :18-19)
L’extraction de la plume
Mais, le véritable problème provient de l’extraction de ces plumes plus que de la plume elle-même. Les producteurs ont découvert que les oiseaux ne sont correctement dépouillés de leurs plumes qu’en les faisant d’abord tremper dans de l’eau chaude. S’ils ne peuvent pas utiliser de l’eau trop chaude, car cela précuit l’oiseau, tous s’accordent pour dire que l’eau est portée à plus de 60 degrés. Cette température permet de cuire et de transférer du gout selon la Torah [Yad Soledet Bo]. L’animal en question est non-Kacher, car il n’a pas été abattu comme la Hala ’ha le prévoit, et il n’a pas été salé. Ainsi, le sang et le gout de cette volaille non Kachère va se diffuser par l’eau et être absorbés par les plumes elles-mêmes ! Les plumes vont donc absorber du gout non Kachère.
Ensuite les plumes sont dissoutes dans une solution d’acide chlorhydrique et sont rendues entièrement non comestibles.
Comme les plumes sont dissoutes dans de l’acide, toute saveur ou sang non Kacher qui aurait pu être absorbé dans les plumes est considéré comme insignifiant. Bien que de nombreuses autorités interdisent les aliments non Kacher qui ont été rendus non comestibles s’ils sont ensuite rendus à un état comestible [comme la gélatine fabriquée à partir de peau et os non Kacher], cela ne pose pas de problème dans notre cas. En effet, les plumes ont toujours été Kacher – la seule préoccupation est l’absorption possible de sang et de saveur non Kacher dans ces plumes. Comme la transformation ultérieure des plumes en un produit comestible ne concerne ni le sang ni la saveur, ces éléments restent insignifiants du point de vue Hala’hique.
Il existe donc bien une distinction entre la gélatine et la cystine. Dans la fabrication de la gélatine, les peaux et les os sont traités dans l’intention de les transformer en gélatine. Dans la fabrication de la cystine, cependant, il n’y a aucune intention d’utiliser le gout non Kachère et le sang absorbé par les plumes. Le seul produit intéressant pour le producteur est la cystine, qui est Kacher en soi. Par conséquent, la cystine est autorisée.
La prise de la cystine est autorisée pour une autre raison. Elle est soumise à de multiples purifications avant d’être cristallisée. Au cours du processus de purification, le sang absorbé et le gout non Kachère auront été pratiquement complètement éliminés. Sur cette base, nous pouvons appliquer la règle de l’annulation si le produit interdit est présent à moins d’1/60ème par rapport au reste. De plus, le fait que les producteurs de cystine préféreraient que les plumes ne soient pas contaminées par des absorptions de sang et de gout non Kachère, l’utilisation des plumes n’est pas considérée comme si on avant sciemment annuler une partie interdite. [Mevatlin Issur Lechatchila.]
Nous avons suivi les positions du Rav Schechter, et du Rav Genack de l’organisme de Kacherout OU qui ont autorisé la prise de cystine à base de plume.
Il est intéressant de préciser que l’on retrouve cette protéine également dans le cheveu humain. Bien qu’aujourd’hui la plume soit favorisée, pendant des années, le cheveu était le principal fournisseur de cystine. Ainsi un débat a éclaté parmi les grands organismes de Kacherout autour de cette problématique, car si la loi juive n’interdit pas la consommation d’un cheveu, il interdit son utilisation s’il provient d’un cadavre humain, ce qui était parfois le cas. (Yoreh Deah 349:1 et Tossfot Bava Kamma 10a) De plus, il a été suspecté que ces cheveux proviennent à la suite d’un rituel idolâtre.
Notons également que les propriétés de la cystéine ont peut-être été reconnues à l’époque du Talmud. En effet, Rabi Abbah avait une recette spéciale à des fins médicinales : un poulet qu’il faisait cuire et infuser pendant plusieurs jours dans de l’eau chaude jusqu’à ce qu’il se dissolve, après quoi il était consommé. (Chabbat 145b et Rachi sur place)
En conclusion
Il est autorisé de prendre de la cystine qui provient de plume d’oiseau, d’autant plus si ce médicament est sous forme de comprimé.
 
P.S.
À titre indicatif, nous vous donnons des principes de base que vous pouvez appliquer lors de la présence de substances non Kacher dans un médicament.
Il convient d’aborder plusieurs configurations. La Halakha sera différente selon la nécessité de la prise de cette médication. (1) Il faudra également prendre en compte les différentes formes de médication (2).

  1. Les différentes catégories de malades

Il existe trois catégories de maladies :

  • Une personne malade dont la vie peut être en danger de mort peut utiliser n’importe quel médicament même non Kacher.
  • Une personne malade (=alitée) dont la vie n’est pas en danger peut prendre d’une façon inhabituelle des médicaments non Kacher. [שלא כדרך הנאתן מותר] (Choulkhan ‘Aroukh Yoré Dé’a 155 :3)
  • Une personne qui ressent un léger malaise [comme de légères douleurs articulaires] ou qui est en bonne santé et qui prend des vitamines et des compléments pour se maintenir en forme doit faire son possible pour s’assurer que le médicament est Kacher.
  1. Les différents types de médications

Il existe diffèrent type de médications :

  • Les comprimés à avaler ont un statut d’une consommation inhabituelle selon de nombreux décisionnaires. (Min’hat Chlomo 17) Dans certains cas, il sera autorisé de prendre des comprimés même s’ils contiennent des substances non Kacher.
  • Les sirops sont considérés comme une façon habituelle de se nourrir, car il y contient des arômes pour donner du gout. Ils devront donc être Kacher.

H. Gozlan